J’ai lu📚… «Glory» d’Elizabeth WETMORE

Dans ma PAL depuis quelques semaines, c’est avec un grand plaisir que j’ai commencé ce roman qui semblait très prometteur. Et je n’ai pas été déçue !

Soir de la Saint Valentin 1976 :

Gloria Ramirez, 14 ans,  monte dans la voiture de Dale Strickland, un homme âgé de quelques années de plus qu’elle. Sous l’effet de la drogue et de l’alcool, Dale la viole pendant une partie de la nuit en répétant sans cesse son prénom ce qui la poussera ensuite à se faire appeler Glory.

Elle parvient à s’enfuir pieds nus dans le désert de pétrole et arrive à la ferme isolée de Mary-Rose pendant que son violeur dort encore. Mais, Dale arrive à retrouver la maison et tente de persuader Mary-Rose que c’est sa petite amie avec qui il s’est fâché et qu’elle doit lui remettre Glory. Mais Mary-Rose ne cède pas, la police intervient et arrête Dale  qui va prochainement être jugé dans un Etat où la peine de mort est applicable.

Jusqu’ici tout semble simple et tracé mais cette hâtive conclusion ne prend pas en compte le racisme ambiant : que vaut la vie d’une latino par rapport à celle d’un américain blanc ? Était-elle consentante ? Après tout, les latinos ont des mœurs plutôt légères ?
L’auteur nous présente ces faits dans le Texas des années soixante-dix rongé par le machisme et le racisme, le suprématisme blanc. Mary-Rose se fera harceler car la société elle-même ne peut pas accepter que l’on gâche la vie d’un homme blanc pour une étrangère latino.

La variété des personnages de ce roman en font sa grandeur. Les descriptions du paysage ravagé par la ruée vers le pétrole sont magnifiquement réalisées et l’immersion est totale.

Superbe roman choral où les personnages brillent par leur complexité.

Ce roman renferme beaucoup de rage et énormément d’amour.

Glory m’a beaucoup plu et je vous le recommande vivement. N’hésitez pas, vous passerez un très bon moment de lecture.

Premier roman d’Elizabeth WETMORE : gardons l’œil ouvert pour ses prochains écrits.

Ma note : ☕️☕️☕️☕️

J’ai lu📚… « Population 48 » d’Adam STERNBERGH

A nouveau un thriller, ça faisait longtemps quand même.

Caesura est une ville perdue au milieu des plaines arides et hostiles du Texas. Mais cela ne s’arrête pas là ! Sa population est aussi étrange que son nom car il s’agit de criminels de haut vol responsables des pires atrocités ou de témoins qu’il faut absolument protéger.  Ils vivent dans cette ville isolés de la population en totale autonomie et leur gestion est confiée à un mystérieux institut qui s’est livré à une experience hors du commun : la mémoire de ces 48 habitants est effacée afin qu’ils oublient eux-mêmes leurs crimes et leur passé. Ainsi aucuns d’entre-eux ne se rappelle qui il est et comment il est arrivé dans cette ville-test dont personne ne sort ni ne rentre et dans laquelle aucune arme ne circule.
Mais l’un d’entre eux s’est récemment suicidé et un autre vient est assassiné. Le responsable est forcément parmis eux mais de qui s’agit-il ? Et pourquoi ?

Ce roman de science-fiction dans un décor de western est un magnifique thriller à huis clos. La variété des personnages et leur complexité est un régal pour le lecteur qui s’enfonce dans une belle partie de Cluedo au fil des pages tournée à grande vitesse.

Les nombreux rebondissements tiennent en haleine et l’auteur manipule magnifiquement les codes du genre.  

Ce fut un bon moment de lecture bien que je ne sois pas fan de science-fiction.

Ma note : ☕️☕️☕️

J’ai lu📚… « Ils ont fait un rêve » de Liliane KERJAN

Tout d’abord je voudrais remercier le #PicaboRiverBookClub et les éditions Albin Michel pour la découverte de ce livre passionnant qui s’est révélé être un très bon moment de lecture.

Cette biographie a pour titre exact ILS ONT FAIT UN RÊVE ; RICHARD WRIGHT, RALPH ELLISON ET JAMES BALDWIN : TROIS GRANDS ÉCRIVAINS CONTRE LE RACISME. C’est en effet une biographie croisée de ces 3 célèbres auteurs noirs américains du XXe siècle.

L’auteur s’intéresse aux divers et nombreux obstacles qu’ils ont tous les 3 rencontré dans ce pays dont les stigmates de l’esclavage et de la ségrégation raciale semblent toujours à vifs.

Les vies des 3 auteurs sont mises en parallèle et leur désir d’appartenance à l’Amérique est leur combat commun. Combat qu’ils mènent au travers de leurs écrits respectifs.

De la violence de leur enfance aux migrations imposées à l’âge adulte, le lecteur comprend alors le cheminement de ces 3 auteurs dans leur lutte contre le racisme qui reste aujourd’hui d’actualité non seulement en Amérique mais à travers le monde.

Style fluide et limpide, cette biographie se lit quasiment toute seule. Le sujet étant toujours malheureusement d’actualité, ces biographies restent ancrées dans l’actualité.

Cette biographie croisée contient également quelques photographies qui sont simplement sublimes et chargées d’émotions.

Ma note : ☕️☕️☕️

J’ai lu📚… « Un jardin de sable » de Earl THOMPSON

Je suis arrivée dans ce roman attirée par la curiosité. Une préface écrite par Donald Ray Pollock ? L’auteur du roman « Le diable, tout le temps » dont la lecture m’a bouleversée cette année ? Pollock est en totale admiration pour Earl Thompson ? Voilà, il en fallait pas plus pour que je coure commander cette potentielle merveille !

Et quelle merveille ! Un excellent moment de lecture +++ dont on ne sort pas indemne.

Ce roman est le premier volet d’une trilogie.

Un topo :

L’auteur nous présente l’histoire de la vie de Jacky en partant de la rencontre de ses parents jusqu’à ses 14 ans. En 1931, l’année de sa naissance, ses grands-parents maternels, John MacDeramid et « Madame Mac » sont des fermiers du Kansas qui souffrent financièrement lors de ces terribles années de grande dépression aux Etats-Unis.

Wilma, sa mère, le met au monde à la ferme pendant qu’Odd, son père est incarcéré.

A sa sortie de prison, voulant prendre sa responsabilité de père, il décide de partir chercher du travail et meurt dans un accident de voiture en compagnie d’une Miss locale lorsque Jacky à 2 ans.

Les mœurs de la jeune veuve ne plaisant pas à ses parents (chez qui elle vit avec son fils), Wilma quitte alors la ferme pour leur prouver qu’elle peut se prendre en charge mais elle leur laisse Jacky.

La grande dépression passant par-là, John perd sa ferme. La famille doit alors déménager afin de trouver du travail tout en vivant dans des logements plus sordides les uns que les autres.

Plus tard, Wilma viendra récupérer son fils pour le prendre ne charge en compagnie de Bill, son nouveau beau-père. Plongé dans cette nouvelle vie, Jacky tombera dans les vices les plus terribles.

Ce roman est une représentation de l’Amérique pauvre courant après le moindre cents pour assurer le repas du jour et limiter les retards de loyers. Jacky va rencontrer une ribambelle de personnages traumatisés par leur vécu et prêts à tout pour simplement survivre.

Les situations sont cocasses mais tellement terribles. Tout est raconté avec humour mais les situations sont tragiques. Tout le roman se déroule sur cette ambiguïté et cela est dû à l’écriture sans filtre de l’auteur.

Lorsque l’on lit « Un jardin de sable », on rit, on pleure, on est sous le choc, on est dégouté, on est en colère… Tous ces sentiments vous prennent lors de ces 752 pages. Certaines scènes sont dextrement difficiles mais elle rendent le récit vrai et l’ancre dans sa réalité qui est plus que terrifiante surtout lorsque l’on sait que le récit est inspiré de la vie de l’auteur.

Âmes sensibles s’abstenir mais vous ratez un chef d’œuvre. Pour ma part le deuxième volet intitulé « Tatoo » m’attend gentiment.

Ma note : ☕️☕️☕️☕️☕️❤️

J’ai lu📚… « La petite dernière » de Fatima DAAS

Une nouvelle auteure française et une préface de Virginie Despentes ! Que demande le peuple ? C’est avec plaisir que je me suis penchée vers cette lecture !

Récit autobiographique d’abord :

Fatima nous raconte son enfance, le poids de son prénom quasi sacré et de toutes les responsabilités qu’il incombe à celle qui le porte. Fille d’algériens musulman, la religion tient une place importante tout au long de sa vie et cela s’en ressent dans son évolution au fil des années.

Fille manquée, peut-être car ses parents auraient souhaité un garçon, elle porte aussi ce stigmate physiquement.

Asthmatique, elle doit aussi apprendre à gérer la douleur que son corps lui exprime

Et lorsque son homosexualité se révèle à elle, vient alors la question de l’amour et de sa propre perception d’elle-même dans tout ce chaos.

Thérapie aussi :

L’auteure se livre à nous. J’ai vraiment eu l’impression de vivre un moment d’intimité et de confession. Chaque début de chapitre commence par une serie de phrase évoquant une consultation psychologique ou une thérapie de groupe.

L’écriture est fluide et se veut être simple pour que le message soit bien reçu du lecteur.  Le lecteur s’attache au personnage dans sa quête d’affirmation de soi pour obtenir la liberté d’être tout simplement.

Ce roman se lit bien et vite (peut-être un peu trop vite)

Ma note : ☕️☕️☕️☕️

J’ai lu📚… « Le jour où Kennedy n’est pas mort » de R. J. ELLORY

Je reviens à mes amours : les thrillers : Quelle joie d’ouvrir ce roman qui était dans la PAL depuis plusieurs mois !

Un thriller oui mais pas que ! Une uchronie ! On change un événement de l’Histoire et on voit les conséquences qui en découlent. Exercice compliqué mais l’effet et magique lorsque c’est bien fait. Pas trop de souci à se faire lorsque c’est Ellory qui est aux commandes.

Je partais conquise d’avance et ça s’est bien confirmé ! Un topo :

Dallas, novembre 1963. Kennedy n’est pas assassiné.
Washington, juillet 1964. Mitch, un jeune journaliste-photographe free-lance apprend que son ex-fiancée Jean s’est suicidée. Mitch n’y croit pas et veut savoir ce qui s’est réellement passé.
Intrigues politiques, trahisons, complots, coté très dark, sexe aussi, l’auteur nous présente ici une magnifique uchronie.

Thriller époustouflant, le récit est mené d’une main de maître.
L’auteur nous présente Kennedy sous un angle très peu aimable et c’est là que l’on voit a magie de ce genre d’exercice car il faut tout inventer en partant de bases réelles donc tout en restant plausible. Et là, c’est merveilleux !
Le personnage de Mitch, torturé à souhait, rend la lecture de ce roman addictive. L’enquête passionnante reste le sujet principal de ce roman malgré toute attente et pour le plus grand plaisir du lecteur.

Une écriture particulière et très rythmée qui ne laisse aucune impression de longueur. On passe un excellent moment de lecture lorsque l’on ouvre ce thriller.
Lecture à ne surtout pas manquée, il fait partie de mes bons moments de lecture 2020. Vous l’avez-lu? Parlez-m’en !

Ma note : ☕️☕️☕️

J’ai lu📚… « Bénie soit Sixtine » de Maylis ADHÉMAR

Je ne sais pas exactement comment ce roman s’est retrouvé dans ma PAL. Je sortait d’une lecture exigeante tant par son volume que par son sujet et je me suis tourné vers cet écrit dans le but de décompresser un peu. Erreur !

On commence par un petit topo !

Sixtine est issue d’une famille ultra catholique, elle est très pratiquante et très pieuse. Pour sa plus grande joie, elle épouse Pierre-Louis issu d’un milieu encore plus extrémiste que le sien. Sa nuit de noce est une catastrophe et sa première grossesse est très difficile. C’est compliqué quand on sait qu’elle doit absolument « se multiplier » car c’est son rôle premier dans la société. A la suite d’un drame important, elle ouvre les yeux sur la réalité de son mode de vie et recherche à se libérer de l’emprise de son milieu et de sa famille.

Le milieu catholique d’extrême-droite semble très bien décrit mais j’ai trouvé ce roman plutôt lourd. La narration est bonne mais c’est le récit qui m’a posé problème. Cela semblait très peu plausible alors que le récit se voulait ancré dans la réalité. Beaucoup de lieux communs, trop de lieux communs.

Clairement j’ai pas aimé, vous l’avez-lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : ☕️

J’ai lu📚… « Nickel Boys » de Colson WHITEHEAD

Roman de cette rentrée littéraire 2020, Nickel Boys a été couronné du Prix Pulitzer et ce n’est pas dû au hasard !

Le roman raconte l’histoire de Elwood Curtis, jeune adolescent brillant ayant grandi en écoutant les discours de Martin Luther King. Au mauvais endroit, au mauvais moment, il se retrouve incarcéré dans l’enfer de la Nickel Academy. L’auteur raconte les journées de travail forcé à la briqueterie, à la ferme, à l’imprimerie ou chez les grands noms la ville souvent en lien avec le Ku Klux Klan. Et il raconte aussi la violence physique, sexuelle dont étaient victimes les pensionnaires de cet établissement.

La ségrégation des états du sud y est l’un des thèmes principaux de ce roman dont l’action se déroule juste après l’arrêt Brown vs Board of Education qui autorisent les élèves noirs à fréquenter les mêmes établissements que les élèves blancs. Pour autant, la ségrégation était encore très ancrée dans les esprits.

Ce roman est plein de clairvoyance. On aborde le problème de la ségrégation à travers sa représentation dans le réel. Pas de sentimentalisme surjoué juste l’atrocité d’une époque et les moyens mis en œuvre par les jeunes Afro-américains pour survivre. L’auteur met aussi en exergue le traumatisme gravé dans les esprits sur le long terme.

Un petit plus pour l’épilogue de ce roman qui vous balaye d’un coup !

Ma note : ☕️☕️☕️

J’ai lu📚… « Un livre des martyrs américains » de Joyce Carol OATES

C’est par ce roman sorti en format poche au début du mois d’octobre 2020 que je découvre Joyce Carol OATES et quelle découverte ! Un petit pavé de plus de 830 pages dont la lecture est addictive.

Une lecture addictive tant pas le thème traité par le sujet : le droit à l’avortement aux États-Unis et le combat entre les pro-vie et les pro-choix .que par la qualité du récit et la complexité des personnages.

Un petit topo :

En ouvrant ce roman vous faites connaissance avec Luther Dunphy. Luther Dunphy est un « soldat de Dieu » dont le but est de « défendre les sans défense ». L’auteur nous plonge dans son esprit et l’on découvre le décor, les tenants et aboutissants de son point de vue. Les bébés demandent à naître et leur pécheresse de mère ne savent pas ce qu’elles font ! Alors, il milite devant les Centres pour femmes plus ou moins pacifiquement jusqu’au jour où il se sent investi d’une mission divine. Il tue alors Gus Voorhees, le médecin avorteur, ainsi qu’un ancien marine qui l’accompagne, un matin avant l’ouverture du Centre et se rend automatiquement aux forces de l’ordre convaincu d’avoir sauver DES vies.

À partir de ce moment, l’auteur revient sur la perception de ce drame du point de vue de tous les autres personnages : le médecin, sa femme, ses enfants, la femme de Dunphy ainsi que ses enfants. Le lecteur entre dans leurs vies et découvre leurs histoires. Suit le procès et le déroulement de la vie des personnages après le drame.

Un état des lieux est dressé dans lequel on perçoit les dommages co-latéraux de cet acte au niveau des individus mais aussi la perception de la société de ce qui s’est passé. On remarque la puissance du fait religieux et l’opposition de la loi de Dieu à la loi des Hommes.

Rien n’est évident, tout est compliqué et c’est ce qui fait la puissance de ce récit. L’auteur reste un témoin externe qui ne fait que rapporter des faits et le lecteur se retrouve souvent sidéré par la tournure des événements.

Un magnifique roman poussant à la réflexion personnelle que je vous recommande vivement !

Ma note : ☕️☕️☕️☕️

J’ai lu📚… « La vérité sort de la bouche du cheval » de Meryem ALAOUI

A vrai dire, c’est l’originalité du titre de ce roman qui m’a poussée à le lire et c’est tant mieux car j’ai passé un excellent moment de lecture.

Ce roman raconte le quotidien de Jmiaa, prostituée au caractère bien trempé à Casablanca au Maroc. Sous forme de journal intime, elle nous parle de tout : de sa vie, de ses habitudes, de ses voisins, de ses amies prostituées elles aussi. Elle n’oublie rien, elle raconte par quels chemins une jeune fille amoureuse se retrouve à vendre son corps dans la rue et rendre des compte à son proxénète. Elle raconte la violence de son environnement et ses addictions qui lui permettent de ne pas céder à la folie. Jusqu’au jour où elle fait une rencontre qui bouleversera tout son univers.

C’est une histoire toute simple mais elle est racontée d’une façon tellement sincère qu’on en tombe sous le charme. Jmiaa est crue dans son comportement, dans ses propos et cela la rend attachante. Il transpire de ce roman tellement d’humanité !

Je me suis surprise à rire du comique de certaines scènes et deux pages plus tard, j’étais affectée par toute la tristesse de sa situation. Ce roman est toujours en nuance : on passe de grosses vulgarités à de la pure poésie et parfois en juste deux lignes.

L’auteure brosse également un tableau de la condition des femmes livrées à elles-mêmes face à la violence dans toutes ses formes.

La fin du roman m’a un peu moins plus mais de façon globale ce fut une très bonne lecture ! N’hésitez pas lisez Meryem Alaoui !

Ma note : ☕️☕️☕️☕️

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